mercredi 7 mars 2012
When "Der Spiegel" says the EU's Emissions Trading System Isn't Working...
vendredi 17 février 2012
Viand'dévore
J'adore la viande, je dévore le viande, je suis un... carnivore.
Mais pourquoi parle-t'on si souvent de la viande comme d'une des causes du réchauffement climatique?

En moyenne, le belge consomme 120 grammes de viande par jour
(voire même 270 selon une récente étude de l'Observatoire Bruxellois de la Consommation Durable (OBCD)) dont- 46% de viande porcine
- 23% de volaille
- 20% de viande bovine
- 5% de gibier, lapin et cheval
- 2% de viande ovine et caprine
- 5 vaches
- 7 moutons
- 42 cochons
- 891 poulets
- 43 dindes
- 23 lapins
L'impact carbone
Le Dr. Pachauri, président du GIEC, le clamait déjà en 2009 en s'appuyant sur des données 2006 de la Food and Agriculture Organization (FAO) des Nations-Unies: l'élevage intensif du bétail représente 80% des émissions en gaz à effet de serre de l'agriculture planétaire, et donc 18% des émissions engendrées par l'ensemble des activités humaines. Enorme! Et pourtant ce n'est pas tout car de nombreux produits à base de viande sont mis sur le marché sous forme congelée (dépense d'énergie supplémentaire), nécessitent d'être cuits un certain temps à très haute température (re-énergie), quand ils ne sont pas tout simplement gaspillés.
Mais le pire est sans doute à venir car les nations émergentes souhaitent atteindre le standing des pays occidentaux, et donc rêvent de pouvoir se payer de la viande. Un bon burger fait partie des "signes extérieurs de richesse" que de nombreux peuples à l'alimentation aujourd'hui plus simple et variée souhaitent pouvoir afficher.

Les autres impacts environnementaux
A côte de cela, le boeuf, pour toujours parler de lui puisqu'il est le plus polluant des sources de viande, a également d'autres impacts: un kilo de boeuf a nécessité 15.500 litres d'eau avant d'arriver dans notre assiette. Oui, oui: quinze mille cinq cents!
En comparaison, un kilo de porc ne requiert que 4900 litres d'eau virtuelle, un kilo de poulet 3900 litres, et un kilo de riz 3000 litres. La viande entraîne donc aussi une diminution des réserves en eau (dont le prix va continuer d'augmenter), et différentes formes de pollution des nappes phréatiques.
De plus, sous la demande croissante de viande, il faut aggrandir sans cesse les zones de paturâges, en déboisant des forêts ou en empiétant sur d'autres écosystèmes. Les pertes de biodiversité ne cessent d'augmenter en Amazonie et en Afrique sub-saharienne. Et même l'élevage industriel qui garde les bovins dans un territoire très confiné n'enraie pas ce phénomène car il faut bien trouver un endroit pour cultiver le soja qui les nourrit. Outre la dégradation de la nature (la quantité de nitrates rejetée par l'élevage intensif est telle que la pollution atteint aujourd'hui la mer où des espèces d'algue prolifèrent en masse), l'impact social sur les populations locales est également assez prononcé.
Santé
D'un point de vue santé, une étude publiée en 2010 dans les Archives of Internal Medecine a observé pendant 10 ans un demi-million de personnes et noté une mortalité supérieure de 11% chez les hommes et 21% chez les femmes grands consommateurs de viande rouge. Cancer, diabète, obésité sont donc bien plus probable en cas d'excès de protéines animales.
Alors, que faire?
Pas besoin de devenir végétarien du jour au lendemain, limiter les excès est déjà un pas important. Réduire sa consommation de viande rouge, et petit à petit la remplacer par de la viande blanche a un impact immédiat pour la planète, et sans doute aussi pour les artères. Alors cet été, brochettes de poulet au barbecue? En effet, un bœuf est un producteur de viande bien moins efficace qu’un porc ou un poulet. Ces derniers transforment efficacement les grains de leur leur nourriture en viande tout en ne produisant que peu de méthane, ou pas du tout. Cela permet de maintenir leur coût environnemental à un niveau faible.
Transformée en équivalent CO2, les consommations affichées plus haut donnent à ceci:

Et on se rend dès lors compte que chaque fois que 100gr de boeuf sont remplacés dans notre assiette par 100gr de poulet, c'est 2 kilos de CO2 qui ne sont pas émis!
Pour aller plus loin, il est possible de remplacer petit à petit de la viande par des mélanges de légumineuses et de céréales qui, consommées ensemble, apportent un équivalent protéiné à l'organisme. Objectif pour l'été 2013: barbecue de courgettes accompagnées de humus de pois chiches avec du pain complet?
Pour s'entraîner, suivez le guide: http://www.unjoursansviande.be. Une fois qu'on a (re)pris goût à des recettes simples, goutues et végétales, on se demande comment on a pû ignorer cette palette de saveurs aussi longtemps. Et gardons le steak pour les grandes occasions.
----
Pour en savoir plus, quelques lectures, et vidéos, avec des approches très diverses:
- Un article du New Scientist repris dans courrier international, avec encore plus de chiffres.
- "Faut-il manger les animaux?" de Jonathan Safran Foer s'interroge sur la suprématie auto-proclamée de l'homme sur le règne animal et pointe une incohérence qui ne manque pas de piquant: comment concilions-nous lea démarche sentimentale, quasi à genoux, devant certains animaux de compagnie avec la manière brutale et sans pitié avec laquelle nous traitons les animaux d'élevage industriel qui servent à nous nourrir...
- "Rundskop", le film du belge Michaël Roskam nominé aux oscars 2012 pour son intrigue dans le milieu des hormones. Vous allez voir, on va parler de la viande jusqu'à Hollywood!
mercredi 25 janvier 2012
EI : Ecologie Industrielle ou Economie Innovante
L’écologie industrielle appelle à rationaliser les processus industriels via quatre mots d’ordre : optimiser, synergie, réutiliser et valoriser.
L’exemple historique de Kalundborg illustre bien l’application de ces préceptes. En réunissant 6 industries, la ville de Kalundborg a montré qu’il était possible d’optimiser les flux industriels en utilisant les flux sortants (déchets) des uns pour les transformer en flux entrants pour d’autres. Le développement d’une telle synergie entre industries différentes met en lumière la façon dont les flux peuvent être valorisés.
Cette initiative prouve que la production n’est pas forcément linéaire mais peut être abordée sous forme de cycle dans une vision systémique, à ce titre on peut donc parler d’écosystème, de symbiose ou de métabolisme. Depuis lors on assiste à la création d’un nombre grandissant de parcs eco-industriels tentant de reproduire ce type de modèle (plus d’une trentaine d’initiatives en France).
Cette définition induit d’autres interprétations/stratégies comme la mutualisation (gestion collective des déchets par exemple), le partage d’équipement ou de ressources, la création de nouvelles activités (vis-à-vis de nouvelles ressources identifiées ou le traitement de sous-produits) ou encore la dématérialisation de l’économie…
Arrêtons-nous sur ce dernier point : parler de dématérialisation de l’économie à travers l’écologie industrielle signifie réduire les flux totaux de matière tout en assurant des services au moins équivalents. Cela revient à augmenter la quantité de service par unité de matière. Ainsi l’on peut parler d’économie de la fonctionnalité. On ne voit plus un produit en tant que produit mais via ce qu’il apporte comme utilité à l’usager, la fonction qu’il remplit.
L’un des exemples le plus connu de l’économie de la fonctionnalité est celui des photocopieurs. Au lieu d’acheteur un photocopieur l’usager peut simplement payer la copie. Ainsi on rémunère l’utilisation et non plus l’objet en lui-même. De même des pneus peuvent être « loués » en fonction du kilométrage effectué plutôt qu’achetés. De cette manière l’industriel aura plus intérêt à fabriquer des produits durables puisque son modèle économique repose sur l’utilisation la plus efficiente de ceux-ci.
Ces exemples représentent un changement de paradigme au regard de l’activité industrielle et de l’économie. Néanmoins ils ne constituent que des exemples et laissent donc une large place à de nouvelles illustrations des idées évoquées ici. (voir notamment l’appel à manifestations d’intérêt de l’Ademe portant sur les « Biens et services éco-conçus et écologie industrielle »).
mardi 17 janvier 2012
Une voiture ou un enfant ?
jeudi 1 décembre 2011
Y’a-t-il un marché de la biodiversité ?
Mieux vaut apporter des bonbons, parce que les fleurs… sont bien plus que périssables !
mercredi 30 novembre 2011
Stupeur et tremblement d'un grain de blé
La directive UPOV (Union for Protection of new Varieties of Plants ) est une directive européenne limitant très fortement l'utilisation des semences de fermes par les agriculteurs.
"Le 15 novembre 2011, le texte de loi transcrivant la directive UPOV en droit français a été adopté par la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale après audition des différents représentants des syndicats agricoles et de Jean-Marc Bournigal (ministère de l’Agriculture)."(source : FLD)
Et alors?
1/ que sont les semences de ferme? ce sont "les graines récoltées à partir de semences sélectionnées par l'industrie semencière mais multipliées par l’agriculteur à la ferme par soucis d’économie et d'indépendance. Cette pratique présente des intérêts environnementaux, économiques et sociaux." (source Portail Environnement)
2/ Pourquoi les agriculteurs ne sont ils pas contents? C'est pourtant une superbe opportunité, ils auront de superbes semences fournies par de super professionnels qui, eux, savent ce qu'ils font. Non, en effet, les agriculteurs ne s'enchantent pas de cette loi pour plusieurs raisons :
a- Réduction de leur liberté à adapter leurs semence en fonction des aléas climatiques, de leurs récoltes, gestion de leurs parcelles etc.
b- Accaparer le vivant revient à priver les agriculteurs de leurs marges de manoeuvre dont ils disposaient jusqu'à présent et dépendre entièrement de systèmes bien loin du terrain.
c- les sommes perçues sont censées revenir "à la recherche". Quelle recherche? L'INRA, principal organisme de recherche agricole en France) est un organisme recevant de très nombreuses subsides (les impôts). De quelle recherche parlons nous alors? Ah oui, suis je bête, nos amis les semenciers qui doivent trouver les temps bien durs, heureusement les états sont là...
Une des plus grandes valeurs planétaire (les semences agricoles) prend le chemin, tranquillement, des salles de marchés et mécanismes fiscaux en tout genre.
Le système financier vacille, no worry, les hommes auront toujours faim...
